5, 4, 3, 2, 1… touche !


Bonjour à tous : je donne la parole à Julien

Ca doit faire un peu plus d’un an que Laurent m’invite à peu près toutes les semaines sur son bateau et à peu près autant de fois que je dois refuser. Je vous passe les détails mais les conjonctions planétaires, météorologiques, familliales, professionnelles et associatives ont fini par s’aligner et j’ai pu aller passer une journée (complête !) à traquer le bar avec Laurent. Captain Laurent. Comme ces guides américains dont la légende se tisse au fil des reportages des magazines de pêche : le gars super pro, qui arrive toujours avant vous, qui connaît ses spots à fond, qui met à votre disposition le meilleur matos et dont le seul objectif est de vous faire prendre du poisson.
Récit.


Arrivé au port, le captain est déjà en place, le bateau prêt à partir, les cannes montées, les leurres dans les racks. Après les salutations d’usage, on se déhale vers la première dérive. Il ne faut pas traîner car la marée est juste comme il faut.
Ambiance magique. Une petite brume enveloppe la baie. Au loin on distingue un trois-mats sorti de nulle part nous projetant deux siècles en arrière. C’est le Belem qui croise dans le secteur.

Laurent m’annonce des conditions parfaites : pas un poil de vent, une mer lisse comme une peau de bébé. Il m’avoue qu’il est confiant mais qu’il ne sera tranquille que quand j’aurais sorti mon premier bar. Comme vous avez déjà louché sur les photos du dessous (ne mentez pas, tout le monde le fait) vous savez que ça n’a pas traîné.

Première dérive, premier lancer, et Laurent sort un petit lieu, juste histoire de donner le ton. Ca démarre bien ! Nous allons pratiquer en traction légère, mais comme je suis absolument débutant à ce truc, il m’explique le principe. Je vous explique à mon tour, mais pour tous les détails techniques sur le matos, le placement du bateau, le sondeur -bref, tout le reste- vous irez voir sur son blog : il y a des tonnes d’infos.

Le principe est de placer le bateau en amont du courant et de le laisser dériver au dessus des spots intéressants. On pêche face au courant, le plus loin possible du bateau, en animant le leurre sur le fond, où se tiennent les poissons. L’oeil sur le sondeur, c’est le captain qui est à la manoeuvre, vérifiant le placement du bateau et les détections de poisson fourrage ou des échos de bar. Toute la science du truc est là : traquer le bon spot sans s’acharner si ça ne fonctionne pas, revenir, repartir, placer le bateau au millimètre pour qu’il passe au dessus du spot sans tourner sur lui-même. Et aussi faire un grand tour pour replacer le bateau en fin de dérive sans flinguer le spot en le traversant à fond les ballons. Et toujours pêcher l’oeil rivé au sondeur pour comprendre le fond, ne pas perdre de temps une fois la dérive terminée, et annoncer les poissons. Ah oui, parce que Laurent annonce les poissons.

Quand j’entends « attention, prends bien le fond, on arrive sur le spot», je sais qu’il faut être concentré parce que la touche n’est pas loin.
Mon travail de touriste est beaucoup plus simple. Lancer dans la dérive le plus loin possible et surtout, être bien concentré pour détecter le fond avant d’animer.
Afin de faire ça bien, Laurent me prête le combo des invités : une canne légère, puissante, parfaite pour animer des leurres souples sur le fond. Le moulin va parfaitement avec. Si vous lui demandez gentiment, il vous donnera sûrement les refs de ce combo d’un rapport qualité prix imbattable. Pour faire bonne mesure, une TP de 20g à 30g et un leurre de 5 pouces au moins.

Je balance donc mon leurre et j’essaie de comprendre le truc. Il faut 20 bonnes secondes pour que le leurre arrive au fond, pick up ouvert. Ca en fait de la tresse dehors ! Traîné par le bateau, la TP tape les pointes de roches et on sent les à-coups. Je ferre deux ou trois fois en croyant à un poisson puis je capte le coup. C’est là qu’il faut animer : le longues tirées vers le haut et on accompagne le leurre en le laissant planer. Nouveau contact et on recommence.

La détection du fond n’est pas si évidente, mais c’est la clef : par 15 à 20 mètres, les sensations ne sont pas claires, même sans un pet de vent, car il doit y avoir des courants transversaux ou je ne sais quoi. J’ai pu le vérifier toute la journée : pas de sensations du fond, pas de poisson ! Il faut donc souvent ouvrir le pick-up, redonner du fil pour reprendre contact. Mais ne pas s’attarder sinon c’est tanquage (et casse) assuré !
Après une bonne demi-heure de ce petit jeu, je découvre le poisson : une bonne cartouche dans la canne et aussitôt des coups de tête. Le poisson se bagarre pendant une dizaines de secondes et puis plus rien ! Je récupère le fil et… reprend contact. Le poisson se rapproche et Laurent me dit : « si c’est un bar, il va te faire un rush quand il va voir le bateau ». Le carbone se remet à plier : c’est un bar ! La canne encaisse sans soucis et après deux ou trois aller-retours le long du bateau, un peu plus de 50 cm de poissons arrivent à l’épuisette. Mission accomplie ! Et ça ne fait même pas une heure qu’on a embarqué !

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Premier bar au bateau !
Je gueule un coup, mais ce n’est pas la meilleur idée du monde. Tous les bateaux sur zone se surveillent et la discrétion est de mise si on ne veut pas voir tous les autres équipages squatter la dérive. Mais ce matin nous ne sommes pas nombreux alors Laurent nous replace et… re-fish ! C’est un plus petit sujet dans les 40cm, mais avec une patate du tonnerre, qui se décrochera alors que j’essayais péniblement de le saisir.

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Nouveau passage et re-re-fiiiish ! Cette fois c’est nettement plus gros et le poisson a un peu de mal à décoller. Mais je le perd rapidement : décroché. Nom de nom, on dirait que j’ai la baraka !
Ensuite je ne sais plus trop, nous n’avons pas tenu de journal de bord. Mais je crois bien que c’est Laurent qui a repris la main avec un joli poisson dans les 50-55.

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Des poissons en pleine forme ! Ca tombe bien : nous aussi !
Et rapidement, j’ai repris une bonne mine et sorti un joli poisson de 60cm, avec un gros bidon d’archiprêtre.
La chance du débutant : le « big » fish de la journée

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Puis c’est au captain de faire sa série : encore des poissons calibrés dans les 50-55 et de temps en temps un kiki d’à peine 40 (j’ai presque honte d’écrire ça : il y a moins de 3 jours j’aurais tenu un bar de 40 pour un poisson d’exception…). On finira la matinée sur une bonne dizaine de poissons au compteur.

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Bon, celui là n’est peut être pas si en forme que ça…

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J’en ai profité pour tester quelques Black Minnow maison tous frais sortis du garage (sur une TP maison également, pour faire les choses bien). Et bien ça marche aussi bien que les originaux !
Un premier poisson au made in chez moi

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Après la pause casse croûte et une petite ballade sur l’île de de Cézembre pour livrer un paquet, nous voilà repartis.
L’après-midi se déroule, identique à la matinée. Le captain place le bateau sur les spots, et annonce : « attention, tu vas bientôt sentir ton leurre tomber dans une cassure où il y a du monde ». Effectivement, ça tombe. Et effectivement, ça tape !

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Et parfois, alors que les leurres ne sont même pas au fond : « remonte, la dérive n’est pas bonne. ». Les poissons sont vraiment localisés : c’est la bonne dérive, ou rien.
Le vent s’est levé, et les sensations sont un peu plus difficiles à avoir. Mais il faut croire qu’on compense, car on finira avec le même nombre de poissons, de tailles à peu près identiques, avec pas mal de sujet calibrés entre 45 et 55.
Nous avons aussi un peu joué à saute-mouton avec les équipages qui se plaçaient sur les dérives de Laurent dès qu’on prenait un poisson…

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C’est le captain qui aura le dernier mot, sur le dernier lancer de la dernière dérive sur le dernier spot. Nous aurons la visite d’un gros goulu, dans les 55, qui a gobé le Nitro Shad de 18 cm. Ces bars, ils ne se déplacent pas pour rien !

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Au total, une bonne vingtaine de bars à deux pour environ 10 heures sur l’eau. Pour une initiation, c’est plutôt réussi !

Après ça, je m’en suis retourné vers mes pénates. Et croyez moi si vous voulez : j’ai sacrément bien dormi !

Julien

9 réponses à “5, 4, 3, 2, 1… touche !

  1. Superbe!!!
    Effectivement Julien a du bien dormir…
    La mer avait l’air vraiment calme de calme.
    En tout cas ça donne envie bravo!!!!

  2. superbe comme à l’habitude,
    les photos sont belles, les fishs sont beaux les leurres aussi y’a que les pecheurs qui sont pas rasés :-p

  3. Comme vous avez déjà louché sur les photos du dessous (ne mentez pas, tout le monde le fait) vous savez que ça n’a pas traîné.
    Merde alors, comment t’as su ? (LOL)
    Superbe sortie (elles devraient toutes être comme ça…)
    Tention à pas confondre baraka et scoumoune.
    @mic.
    Dan

  4. à voir les sourires sur les photos, ça fait plaisir, merci pour le report ça fait rêver un peu…
    ca me rappelle mon premier bar en surf avec julien… lui aussi me donnais des conseils genre « vu le niveau de la marée c’est maintenant! lance la bas le plus loin possible c’est l’heure… » et paf!!!! le même sourire sur la photo ,)

    la pêche??? on y va pour attraper du poisson mais surtout pour pêcher des bons souvenirs, surtout quand y’a des potes!

  5. Ah mais oui, je m’en souviens de ce poisson là aussi !
    Il avait l’air minuscule dans tes grandes paluches de dévoreur d’enfant !
    Je dois même avoir encore la photo qui traîne au fin fond d’un disque dur, lui-même rangé au fond d’un tiroir dont tout le monde a oublié l’existence. Mais je l’ai !

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